Marcher la région – 5e édition

La qualité des ressources bleues et vertes participent à l’épanouissement collectif. Dans le cadre de la marche annuelle du 26 au 28 juin 2015, c’est avec enthousiasme qu’une quinzaine de randonneurs ont bravés la pluie pour explorer les milieux de vie diversifiés des villes de St-Jean-sur-Richelieu à Montréal

L’image populaire où débute le parcours évoque d’abord le grand air, les montgolfières et la musique. Saint-Jean-sur-Richelieu tient entre autres son rayonnement de l’International de montgolfières, mais il tient avant tout son rayonnement de 300 ans d’occupation du territoire. Situé dans un axe bleu stratégique entre le fleuve St-Laurent et le lac Champlain, l’essor urbain de la vallée du Haut-Richelieu a pris racine dans la richesse de ses terres. L’importance des activités agricoles et agroalimentaires ont contribué au développement d’une expertise de pointe dans le domaine agricole et agrotouristique. Le choix du Canada d’y implanter un centre de recherche réaffirme la qualité de l’environnement ainsi que l’importance de ces activités. Pour la région du Haut-Richelieu qui bénéficie d’une offre alimentaire de grande qualité, mais aussi pour l’ensemble de la communauté métropolitaine puisque cela contribue au rayonnement de la région de Montréal dans le domaine alimentaire.

Marché public Chambly

Geneviève Dubé

Vitrine régionale des produits locaux, marché public de Chambly

Quand est-il du milieu de vie?

Vivre dans le périmètre du corridor du Canal-de-Chambly c’est avoir accès à des produits agricoles locaux et responsables, se bercer sur son balcon après une journée de rénovations, profiter d’activités de plein air en apercevant des voiliers sur le canal, se détendre sur son quai au coucher du soleil et faire du vélo jusqu’au marché public de Chambly. Le magnétisme du Canal-de-Chambly par l’atmosphère calme qu’il dégage crée un axe de vie et de plaisance qui tire parti de la grande qualité de son environnement. La diversité des milieux de vie s’empreint des valeurs collectives axées sur la protection et la mise en valeur du territoire qu’on retrouve dans le cadre environnemental et bâti. La population locale participe à rendre les quartiers plus agréable en prenant le loisir d’y vivre.

Nous avons été agréablement surpris de découvrir dans un secteur résidentiel de Chambly un bungalow dont l’apparence et la disposition de l’espace ont été adaptées en fonction du style de vie de ses occupants. En s’appropriant le paysage avoisinant dans le respect de son environnement cela donne de la vie aux quartiers.

 

La métamorphose d'un bongalow

Geneviève Dubé

    La métamorphose d’un bungalow

 

De fort en fort, axe récréo-touristique

Le caractère patrimonial du fort de Chambly ainsi que de son quartier historique contribuent à l’attraction du canal et permettent la tenue d’évènements de tous genres, vitrine pour les artisans locaux. L’attraction touristique de ce secteur participe au déploiement de l’identité régionale. Aujourd’hui, St-Jean-sur-Richelieu, Chambly ainsi que le corridor navigable du canal sont une destination de divertissement et de détente.

L’importance de la conservation

L’identification du boisé de Maricourt comme milieu humide est une source de conflits entre les villes de St-Bruno et Longueuil. Les deux municipalités ne partagent pas la même position sur le statut de cette zone à protéger. Une situation controversée qui ne fait pas exception des tendances métropolitaines en ce qui a attrait à une autorisation croissante des permis de destruction des milieux humides dû à là périurbanisation. En réaction, Triangle vert, un regroupement citoyen défend cet écosystème d’intérêt pour la région métropolitaine et profite de chaque échange pour informer de l’importance de conservation des milieux naturels.

Lors de notre rencontre avec les membres de Triangle vert, le groupe de Marcher la région a été sensibilisé au fait que le boisé a une biodiversité de grande valeur et qu’il participe à la qualité du cadre de vie des gens. Comme Tommy Monpetit nous a souligné, permettre l’accès à la nature est important pour la communauté, mais cela est autant important sinon plus pour les enfants des quartiers résidentiels environnants.Le boisé de MaricourtCrédit photo : Alex Tran

Discussion avec Tommy Montpetit, membre de Triangle vert

 

L’économie verte comme levier ?

En ces temps d’austérité, force est d’admettre qu’il est plus simple de diminuer ses dépenses que de se responsabiliser en faisant des choix durables et locaux. Pourtant, en traversant le pont Jacques-Cartier on perçoit des signes d’effervescence sociale et économique dans les quartiers de Hochelaga-Maisonneuve. On constate l’apparition d’investissements dans des projets de logements collectifs et d’initiatives locales comme le verdissement des trottoirs ou bien la création de jardins collectifs. Des actions qui semblent moins populaire en banlieue, le vert du gazon se succède de maisons en maisons et les projets résidentiels se multiplient.

La ville de St-Jean-sur-Richelieu est un bon exemple d’une économie florissante en raison du perfectionnement de ses activités agricoles et agroalimentaires. Le patrimoine contribue au développement du tourisme certes, cependant nos observations permettent d’affirmer que c’est avant tout le bien être collectif qui participe à l’attraction et au rayonnement de la culture et des valeurs locales.

En zone périurbaine, la question de préservation ou non du boisé de Maricourt permet de prendre conscience de l’enjeu environnemental à l’échelle de la grande région de Montréal et permet d’entamer des discussions franches quant à une vision d’avenir durable.

Les possibilités sont nombreuses, je me plais à m’imaginer une production alimentaire dans les espaces verts périurbains et urbains qui ne nuisent pas à la symbolique de conservation et de mise en valeur. À quand la production par des groupes communautaires et des étudiants d’arbres noisetiers et fruitiers dans les boisés de Longueuil, la route des cidres à St-Hubert ou bien les œufs frais certifiés Homa?

Photo de couverture : Alex Tran